Elle est là, étendue devant moi
dans une blancheur molle,
partie visible d'un ange
qui n'ouvrira plus ses ailes.
Elle est seule, noyée dans des draps,
dans une douceur folle.
Plus rien ne la dérange,
plus rien n'illumine ses prunelles...
C'est une liberté qui s'écoule
dans un silence morne
profond comme un malheur.
C'est une volonté qui s'écroule,
un silence sans borne :
il semble que tout meurt.
Une âme se répand dans les profondeurs
avec tranquillité et accablement
comme une ivresse qui monte lentement
et qui rassure autant qu'elle écoeure.
Une paix coule doucement
d'une blessure large et creuse
une mort monte obstinément
telle l'ombre de la faucheuse.
J'aurais aimé te dire "au revoir"
mais tu es morte, j'ai tout gâché...
J'aurais aimé te dire "au revoir"
mais tu es morte... moi je le voudrais.